mardi 1 décembre 2009

Atelier ecriture c'etait ce matin, avez vous envie de continuer ce texte tire d'un bouquin ?

Oui. Et cinq jours plus tard dans le rugissement du moteur et les cris des familles tout autour, assis sans trop de confort, côté hublot, en classe économique du vol El Al pour Tel-Aviv qui venait de décoller, un whisky orange en main et le regard distrait par un groupe de six ou sept juifs barbus procédant, debout près de la porte, à la bénédiction du vol, je me consolais comme je pouvais, en m’efforçant de croire que ni la curiosité ni la rage, au fond, ni même le reste d’amour filial –ces affections pénibles qui avaient déterminé dans ma vie tant de choix stupides- n’avaient pourtant suffi à me faire partir. Non, d’autres raisons encore avaient été nécessaires, non moins stupides, peut-être, mais plus personnelles. Debout dans l’allée à quelques mètres, la kippa fixée par une épingle à cheveux ou bien dissimulée sous le velours noir d’un chapeau trop large, le tallit rituel autour des épaules, les juifs se balançaient face à la sortie de secours, leurs lèvres agitées sous la barbe en une prière qui se perdrait dans le vacarme.

- Vous avez pensé à ce qui se passerait si un de ces types décidait d’ouvrir la porte ? fit une voix à mes côtés

- Pardon ?

- Vous y avez déjà pensé ?

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